Apache migre avec succès vers Nextcloud

Mon 21 Sep

Retour sur la migra­tion vers Next­cloud d’apache.be, site d’in­for­ma­tion et coopé­ra­tive de jour­na­lisme d’in­ves­ti­ga­tion. https://apache.be/vaarwel-big-tech

Apache migre avec succès vers Nextcloud

par Jan Walraven

Mer­cre­di 16 sep­tembre, l’am­biance à la rédac­tion d’A­pache était celle d’un pre­mier jour d’é­cole, mêlée d’une cer­taine ner­vo­si­té. Cer­tains l’attendaient avec plus d’impatience que d’autres, mais vers 10 heures, nous nous sommes fina­le­ment tous ras­sem­blés, ordi­na­teurs por­tables ouverts, autour d’une table (un peu trop petite). Prêts à écou­ter atten­ti­ve­ment Sti­jn, for­ma­teur d’un jour de l’ASBL Tac­tic. Qu’est-ce qui nous a réunis là ? Plus tôt cette année, nous avions annon­cé notre rup­ture avec les géants de la tech. Nous allions désor­mais rompre l’un de nos liens les plus étroits, en rem­pla­çant Google Works­pace par Next­cloud.

Ces der­nières semaines, nous avons essayé de pré­pa­rer au mieux ce moment. Nous avons allé­gé nos comptes Google Drive exis­tants, clas­sé les fichiers dans des dos­siers, et nous avons pas­sé au crible nos boîtes mail à la recherche de com­mu­ni­qués de presse pous­sié­reux datant de dix ans que nous ne reli­rions plus jamais. Sup­pri­mer, sup­pri­mer, sup­pri­mer. Nous sommes fin prêts pour la Grande Traversée.

Next­cloud est une appli­ca­tion euro­péenne open source de type « bureau­tique ». Pour uti­li­ser cette suite logi­cielle, il n’est pas néces­saire de deve­nir client de la socié­té alle­mande du même nom. Cela contraste avec Google Works­pace, pour lequel vous ne pou­vez vous adres­ser qu’à Google lui-même. Plu­sieurs entre­prises et orga­ni­sa­tions pro­posent un envi­ron­ne­ment Next­cloud, mais vous pou­vez éga­le­ment l’ins­tal­ler vous-même – à condi­tion de dis­po­ser des connais­sances tech­niques et du maté­riel néces­saires. Apache s’est tour­né vers Tac­tic pour cela. Depuis 2002, cette ASBL bruxel­loise met en place des « outils libres, durables et éthiques » pour les asso­cia­tions et les col­lec­tifs, et les accom­pagne pour qu’ils apprennent à les uti­li­ser de manière autonome.

Vous pou­vez en outre per­son­na­li­ser votre envi­ron­ne­ment Next­cloud selon vos goûts. Tout comme vous dis­po­sez d’un App Store pour votre smart­phone, vous pou­vez ins­tal­ler vous-même des appli­ca­tions sup­plé­men­taires. Next­cloud (l’en­tre­prise) pro­pose elle-même dif­fé­rents modules, tels que Talk, qui per­met de dis­cu­ter et de pas­ser des appels vidéo. Mais comme il s’a­git d’une tech­no­lo­gie open source, d’autres déve­lop­peurs peuvent éga­le­ment créer eux-mêmes des appli­ca­tions que chaque uti­li­sa­teur peut ajou­ter à son envi­ron­ne­ment Next­cloud. Qu’il s’a­gisse d’un agen­da clas­sique, d’une alter­na­tive à Doo­dle ou encore d’un module per­met­tant d’a­na­ly­ser des radio­gra­phies et d’autres images médi­cales, les pos­si­bi­li­tés semblent infinies.

Mais que va donc faire Apache avec Next­cloud ? Cer­tai­ne­ment pas ana­ly­ser des radio­gra­phies. Comme son nom l’indique, nous l’utilisons avant tout comme « cloud » pour sto­cker en ligne toutes sortes de fichiers, de pho­tos, etc. Dans Next­cloud Office, nous pou­vons tra­vailler ensemble sur des docu­ments texte ou des feuilles de cal­cul, y com­pris avec des free­lances. Talk devien­dra notre prin­ci­pal outil de com­mu­ni­ca­tion interne : pour dis­cu­ter d’ar­ticles (ou pour se défou­ler avec des blagues un peu nulles), pour pas­ser des appels vidéo, pour par­ta­ger des fichiers, etc. D’autres appli­ca­tions vien­dront peut-être s’y ajou­ter au fil du temps, mais seul l’a­ve­nir nous le dira.

Nous ne comp­tons plus non plus sur Google pour envoyer et rece­voir des e‑mails. Tac­tic a mis en place un ser­veur de mes­sa­ge­rie pour nous. Le trans­fert d’une archive de cour­riels qui, pour cer­tains jour­na­listes, remonte à seize ans, se fait néan­moins par à‑coups. Mais même l’escargot finit par atteindre l’arche !

Désor­mais, une ASBL belge gère notre com­mu­ni­ca­tion par e‑mail via un ser­veur situé sur le ter­ri­toire belge ; il n’y a donc plus aucun doute quant à la juri­dic­tion appli­cable. En d’autres termes : pour notre com­mu­ni­ca­tion en ligne, nous ne sommes plus liés à une entre­prise amé­ri­caine qui doit se plier aux exi­gences et aux caprices du gou­ver­ne­ment américain.

Pho­to : © Anne­leen Ophoff (Apache)